Suisse: Symposium sur les cellules souches

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L'ASSM condamne très sévèrement les expériences menées par une entreprise américaine de biotechnologie, laquelle, en première mondiale, a cloné un embryon humain à des fins thérapeutiques. Pour l’ASSN, ces chercheurs agissent de manière irresponsable.

Un symposium organisé le 30 mai à la Frauenklinik de Bâle a réuni une centaine de spécialistes autour des questions posées par la recherche sur les cellules souches en médecine: le présent, le futur ainsi que les questions éthiques et juridiques qui y sont liées. La journée s’est terminée par un débat ouvert au public.

Ce symposium est une initiative conjointe de la clinique universitaire de femmes (Frauenklinik) et de la faculté de droit de l’université de Bâle avec le programme National de recherche Nr. 46 (Implants & Transplants) ainsi que la société suisse d’éthique biomédicale.

Le projet de loi relative à la recherche sur les embryons est soumis à consultation depuis le 22 mai 2002. Le Dr. Theodor Weber de l’office fédéral de la santé à Berne a ouvert le symposium en présentant les bases de la loi en question. Il est possible, jusqu’à la fin août de s’exprimer sur ce texte. Le projet de loi réglemente la production, à des fins de recherche, de cellules souches embryonnaires issues d’embryons surnuméraires ainsi que la recherche impliquant des cellules souches embryonnaires et des embryons surnuméraires. La loi veut éviter tout usage abusif des embryons humains surnuméraires et protéger la dignité humaine.

Le Prof. P.J. Meier-Abt de l’université de Zürich a expliqué les bases de la décision du Fonds National Suisse, de soutenir le projet de recherche du Dr. Marisa Jaconi de l’université de Genève. Après avoir requis l’avis d’experts scientifiques, juridiques et éthiques, et plus d’une année de délibération, le Fonds National a finalement autorisé l’utilisation, sous des conditions très strictes, de cellules souches humaines importées. La prise de position du Fonds National du 28 septembre 2001 n’a pas soulevé d’opposition. Le Dr. Marisa Jaconi qui dirige ce projet a pu le présenter et expliquer les avantages irremplaçables actuellement que représentent les cellules souches embryonnaires humaines pour faire progresser la recherche dans divers domaines, dont les greffes de moelle, les greffes de cellules nerveuses pour soigner la maladie de Parkinson ou les greffes de cardiocytes après un infarctus. Le Prof. Laurent Bernheim de l’université de Genève a présenté les possibilités offertes par les cellules souches pour mieux soigner les blessures musculaires.

Le Prof. Alois Gratwohl du Frauenklinik de Bâle, plaide quant à lui pour la nécessité d’un cadre pour la recherche sur les embryons. Pour lui, une interdiction mènerait à une impasse. En absence de législation dans certains pays, cette nécessité d’un cadre éthique s’est aussi imposée à Novartis. Le Prof. Hans-Peter Schreiber de l’université de Zürich a présenté le catalogue des critères éthiques que la multinationale a développé pour encadrer ses efforts de recherche impliquant des embryons humains.

Le Prof. Wolfgang Holzgreve a présenté ce que les cellules souches représentent dans la pratique de la Frauenklinik pour la médecine prénatale et périnatale. Il a parlé notamment de la possibilité d’obtenir des cellules souches isolées du placenta et du cordon ombilical. Une banque de sang de cordon ombilical a été organisée dans le cadre d’un projet bâlois. Son objectif est de mettre les cellules souches de sang ombilical à disposition des patients susceptibles d’être soignés par des transplantations de cellules souches. Les résultats de traitement avec les cellules souches ont été présentées par le Dr. Daniel Surbek, de cette même Frauenklinik bâloise. Selon lui, un traitement avant la naissance par des cellules souches permettraient de prévenir les destructions d’organes dues à certaines maladies génétiques.

L’acceptation de la recherche impliquant des cellules souches a fait l’objet d’une étude conduite et présentée par le Dr. Ulrike Kostka, théologienne. Les personnes concernées, que ce soient des patients, des médecins, le personnel soignant ou des femmes enceintes, considèrent en général avec moins de réticences éthiques la recherche avec les cellules souches adultes qu’avec les cellules souches embryonnaires.

Les aspects juridiques ont été abordés par le Prof. Kurt Seelmann de l’université de Bâle, puis le Prof. Alberto Bondolfi (universités de Zürich et de Lausanne) a conclu la série de présentations en abordant les questions éthiques.

Un débat sur le réalisme des possibilités thérapeutiques et sur les aspects juridiques a clôturé ce symposium. Mais la discussion a continué au cours d’une soirée-débat publique, donnant la possibilité au public de s’informer auprès des experts et aux experts de confronter leur opinion à celle du public. 

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